Actualités

Une atmosphère plus chaude est une atmosphère contenant plus de vapeur d'eau.
Après les inondations de Mai et Juin 2016, quels liens avec le changement climatique ?

Fin mai 2016 : Le seuil des 400ppm est franchi d'une manière généralisée sur la planète.
La concentration en CO2 continue d'augmenter sur la planète, avec un franchissement généralisée du seuil symbolique des 400ppm. L'augmentation annuelle semble même s'accélérer.

Début mai 2016 : Des incendies ravagent la ville de Fort McMurray, dans l'Alberta canadien.
De très fortes chaleurs ont déclenché d'une manière explosive des incendies dans l'Ouest du Canada. Là encore, l'ombre de El Nino et du réchauffement climatique plane sur ce drame.

Avril 2016 : El Nino en déclin, La Nina pointe à l'horizon.
Depuis le début de l'année, les eaux du Pacifique Central et Oriental deviennent de moins en moins chaudes, remplacées par des masses plus froides. Le retour à des conditions neutres, voire l'arrivée d'une phase La Nina est de plus en plus probable.

Février et mars 2016 : Le Pérou affronte son enfant Jésus.
Au Pérou, les mois de février et mars sont les plus humides, particulièrement lorsque le phénomène El Nino, qui a été baptisé ainsi par les pêcheurs péruviens, est bien développé dans le Pacifique Equatorial. Retour sur plusieurs semaines de fortes pluies dans le pays andin.

10 mars 2016 : Quand une tempête de neige mexicaine provoque une vague de douceur états-unienne ...
Aux alentours du 10 mars, une plongée d'air polaire a atteint le Mexique jusqu'à des latitudes particulièrement méridionales, provoquant des chutes de neige dans les montagnes mexicaines, un déluge sur le Sud des Etats-Unis, et une grande douceur sur la côte Est.

lundi 4 janvier 2016

Evénements 2016

Cette page reprendra progressivement les chroniques des événements météorologiques de nos régions se déroulant au cours de cette année 2016. Des liens vers des articles plus aboutis seront également disponibles pour les phénomènes les plus importants.

Janvier 

La nuit du 3 au 4 janvier, quelques centimètres de neige se déposent sur les Hautes Fagnes et le nord-est de l'Ardenne. Cette situation serait presque banale si nous ne nous trouvions pas au cœur d'un hiver très doux et pauvre en neige jusqu'à présent.

Le Mont-Rigi au matin du 4 janvier (webcam de l'IRM).


Le 7 janvier, le passage d'une dépression secondaire (nommée Britta 2) sur la Mer du Nord donne pas mal de vent, avec des rafales atteignant 101 km/h à Ostende, 87 km/h à Ernage (Gembloux), 102 km/h à Dunkerque et 110 km/h à Boulogne.

A partir du 13 janvier, le temps se rafraîchit nettement, à la faveur d'un flux maritime polaire de nord-ouest. Ce jour, une petite accumulation de neige est observée en Hautes-Fagnes.

Le 14 janvier, un front froid associé à une dépression sur la Mer du Nord traverse le pays en matinée et en début d'après-midi, et est suivi par une invasion d'air froid en altitude, ce qui explique la transition de la pluie vers la neige observée dans de nombreuses régions en-dehors du massif ardennais où la neige tombe seule. Les précipitations se trouvent sur le centre de la Belgique aux alentours de 8h00 et atteignent les frontières allemandes et luxembourgeoises peu avant midi. Ce front est responsable de précipitations hivernales un peu plus étendues que ce qui était prévu. Il neige partout au sud du sillon Sambre-et-Meuse avec une accumulation temporaire observée dès 200 mètres et atteignant quelques centimètres maximum. Au-delà de 450 mètres, l'accumulation est plus importante et durable, comprise entre 5 et 10 cm, rendant les conditions parfois plus difficiles.

Orgeo (Bertrix) sous la neige ce 14 janvier (auteur: A. Henrion).

A noter que des précipitations hivernales sont également observées sur le sillon Sambre-et-Meuse ainsi que sur les plateaux hennuyers, brabançons et hesbignons. Localement, une petite pellicule se dépose, mais fond très vite dès l'arrêt des précipitations.

Le 15 janvier, l'hiver se rappelle au souvenir des Wallons de manière violente. Un épisode hivernal remarquable concerne surtout une grande partie est de la Wallonie où il tombe de 10 à 35 cm de neige. La Hesbaye, le Condroz, la Famenne, l'Ardenne et le pays d'Arlon sont particulièrement touchés. Les grands axes routiers de la Haute Belgique s'encombrent, piégeant des milliers d'automobilistes pendant plusieurs heures, et privant d'électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz. Voir notre DOSSIER SPÉCIAL.

Le lendemain 16 janvier, quelques averses de neige continuent de défiler, tandis que l'électricité n'est toujours pas rétablie dans la vingtaine de communes concernées. En soirée, un verglas généralisé se met en place sur une bonne moitié sud-est de la Belgique par gel de l'humidité présente sur les routes. Le 17 janvier est une belle journée d'hiver.

Lever de soleil sur l'Ardenne enneigée (webcam IRM de Wideumont).

La nuit du 17 au 18 janvier est glaciale: ciel dégagé et épaisse couche de neige favorisent un refroidissement brutal des basses couches de l'atmosphère. Les minimales relevées en fin de nuit du 18 sont parfois largement sous la barre des -10°C:

- 16,5°C à Elsenborn
- 12,1°C à Ernage (Gembloux)
- 10,7°C à Buzenol (Virton)
- 10,3°C à Saint-Hubert (-10,9°C la veille au soir)
- 10,2°C au Mont-Rigi

 Minimales du 18 janvier (source: Infoclimat)

La nuit du 18 au 19 janvier est également très froide, avec des températures minimales très basses en Haute Belgique et en Campine. Elsenborn améliore son score de la veille avec -17,2°C. On relève aussi -11,9°C au Mont-Rigi, -10,9°C à Saint-Hubert et -10,1°C à Kleine-Brogel.

Le 20 janvier, de l'air maritime moins froid envahit une bonne partie de la Belgique par le nord-ouest. Seule la Lorraine belge reste bien à l'abri, le massif ardennais faisant office de barrière. Le minimum de Buzenol descend à - 12,8°C.

Le 22 janvier, les conditions hivernales établies depuis plus d'une semaine prennent fin en soirée avec un épisode de pluies verglaçantes qui concerne essentiellement l'Ardenne, les Hautes Fagnes et la Lorraine belge. Le réseau routier secondaire est rendu très glissant, mais peu de dégâts sont à déplorer.

La douceur revient en force par après... Le 25 janvier, des records de températures maximales pour un mois de janvier sont battus: on atteint 15,4°C à Anvers et 16,6°C à Kleine-Brogel.

Février

Le 8 février, une tempête (nommée Ruzica par les Allemands) concerne les Iles britanniques. En Belgique, les rafales les plus fortes atteignent 108 km/h à Zeebruges et 101 km/h à Ostende. Elle est suivie le lendemain 9 février par la tempête Suzanna qui se creuse de la Bretagne aux Pays-Bas et qui donne des rafales jusqu'à 110 km/h dans les terres de la Vendée à la Lorraine française et de 130 à 145 km/h sur les côtes ouest-françaises. En Belgique, les plus fortes rafales concernent le sud-est et sont mesurées à 97 km/h au Mont-Rigi et 83 km/h à Humain. Cependant, les vents peuvent avoir été plus forts localement sous le front froid très orageux ayant concerné une région au sud d'une ligne Chimay - Liège. Sur le massif ardennais, il neige aussi au-devant du front chaud en matinée puis à l'arrière de la dépression en soirée avec une accumulation de plusieurs centimètres.

La tempête Suzanna vers midi trente. La dépression est alors sur l'ouest du Nord-Pas-de-Calais.

Activité électrique dans le front froid de Suzanna en début d'après-midi (impacts durant deux heures).

Les pluies abondantes (15 à 25 mm) apportées par Suzanna se superposent aux cumuls des jours précédents. Résultat, des cours d'eau du Hainaut et du Brabant wallon (Dendre, Senne...) sont en crue dès la fin d'après-midi. La Lesse sort également de son lit par endroits.

L'état du réseau hydrographique au soir du 9 février.

Les jours suivants, des précipitations hivernales concernent la Haute Belgique, menant à une petite accumulation. Le 15 février, une perturbation descend des Pays-Bas et donne de la neige pendant plusieurs heures sur une bonne moitié est de la Belgique. Il tombe environ 5 cm sur les hauteurs de Liège, parfois jusqu'à une dizaine sur la frange nord de l'Ardenne. Les jours suivants, les gelées sont parfois sévères, avec par exemple -11,7°C à Elsenborn au matin du 17 février.

Il neige à nouveau en Ardenne, de manière limitée, au matin du 19 février.

Le 23 février en fin de nuit ainsi qu'en matinée, il neige en provinces de Liège et de Luxembourg ainsi que plus localement en province de Namur. La neige tient au sol par endroits au-dessus de 200 mètres et de manière générale au-dessus de 300 mètres. L'accumulation dépasse parfois les 5 cm.

Harzé sous la neige au matin du 23 février (auteur: D. Gaillard).

Par la suite, un régime d'averses hivernales et de giboulées prend le relais sur tout le pays, et l'instabilité est suffisante pour mener à l'orage. Un de ces orages, assez actif, déverse des chutes de grésil significatives sur l'est du Hainaut en pleine heure de pointe du soir. Plusieurs accidents routiers sont à déplorer suite aux chaussées rendues subitement glissantes.

Impacts détectés le 23 février.

Giboulée liée au système orageux dans la région de Charleroi (auteur: H. Vicenzi).

Mars

Le 2 mars est une journée de giboulées accompagnées d'orages dans l'après-midi. La région de Charleroi est une nouvelle fois bien servie. De fortes rafales accompagnent ces averses: elles atteignent 70 à 90 km/h dans l'intérieur des terres et jusqu'à 120 km/h sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais.

Impacts détectés entre 14h00 et 19h15 (source: blitzortung).

Du 3 au 5 mars, de l'air polaire maritime concerne nos régions. De nombreuses giboulées concernent la Basse et la Moyenne Belgique, tandis que de la neige plâtre à plusieurs reprises l'Ardenne, par moments le Condroz. Le 5 mars, les épaisseurs cumulées atteignent parfois l'ordre de la vingtaine de centimètres du côté de la Baraque de Fraiture et en Hautes-Fagnes.

Boussu-lez-Walcourt au matin du 5 mars (auteur: B. Bertaux).

Le 6 mars, après un régime de giboulées, un épisode neigeux assez conséquent prend place le 7 mars sur la province de Luxembourg, le sud de la province de Namur et le nord du département des Ardennes. Il tombe parfois plus de 15 cm de neige. Voir notre dossier spécial sur ces chutes de neige: ICI

Le 28 mars, la dépression Jeanne traverse les Iles britanniques, creusée à 970 hPa. Elle provoque un épisode de tempête sur les côtes du nord de la France et du sud-est de l'Angleterre, où les rafales atteignent 120 à 150 km/h. En Belgique, on mesure 97 km/h à Zeebruges (mais 140 km/h en mer au large de La Panne) et à Zaventem, 94 km/h à Ernage (Gembloux) et 90 km/h à Bierset.

La tempête Jeanne en fin de matinée du 28 mars.

Le front froid de la dépression se déstabilise sur le sud-est de la Belgique et provoque des orages à l'intensité électrique significative.

Activité électrique entre 12h00 et 14h00 le 28 mars.

A l'arrière du front, une traîne très active se met en place, et de vigoureux orages concernent les départements du Nord et la Wallonie. Par endroits, notamment près de Maubeuge, des grêlons de belle taille (plusieurs centimètres) sont observés, témoignant de l'importance de la dynamique présente.

Activité électrique entre 16h40 et 18h40 le 28 mars.

Activité électrique sous un orage concernant Montigny-le-Tilleul en fin d'après-midi du 28 mars. Des grêlons de 1-1,5 cm sont observés à son passage. Auteur: Info Meteo

Avril

Le 12 avril dans l'après-midi, des orages assez actifs concernent les provinces de Luxembourg et de Liège, accompagnés localement de grêle. D'autres foyers concernent la Flandre occidentale. Dans cette dernière région, des tubas sont observés ça et là, l'un ou l'autre ayant pu mener à une tornade temporaire et locale de faible intensité. C'est toute cette période de mi-avril qui est orageuse en réalité. Le 15, de nouveaux orages parfois accompagnés de fortes pluies concernent le Hainaut et le Brabant wallon dans la soirée.

Après quelques belles journées, une descente polaire très froide pour la saison (-38°C à 500 hPa) atteint nos régions. Elle engendre toute une série d'averses hivernales entre le 24 et le 27 avril, perturbant notamment la course cycliste Liège-Bastogne-Liège puisque la neige accroche localement au sol l'après-midi de l'événement (24 avril), mais aussi dans la nuit du 25 au 26 de manière plus généralisée au massif ardennais cette fois. Les averses se poursuivent dans la journée du 26, enneigeant parfois temporairement des régions aussi basses que 200 mètres d'altitude, et l'accumulation atteint 15 cm au Mont-Rigi en fin de journée. Cette neige tardive est très remarquable. Le 27 avril, on dépasse les 20 cm d'accumulation en Hautes-Fagnes. Cette offensive et sa prévisibilité à long terme ont été analysées dans notre anthologie de la désinformation météorologique.

La région de Wideumont (Libramont) enneigée au matin du 26 avril.

Mai

Le long week-end de l'Ascension est pleinement estival. A partir du 4 mai, les températures montent pour culminer le dimanche 8 mai. Il fait jusqu'à 28,2°C à Gand ce jour. De nombreuses stations enregistrent des maximales supérieures à 25°C les 7 et 8 mai.

Coucher de soleil sur la vallée mosane à Seraing au soir du 4 mai (Auteur: Info Meteo).

Par la suite, le temps se déstabilise. Quelques averses orageuses éclatent sporadiquement le 10 mai.

11 mai - premier épisode orageux sérieux avec supercellule sur le Hainaut

Le 11 mai en fin d'après-midi prend place la première offensive orageuse sérieuse de l'année. Une occlusion remontant de France vient buter contre de l'air chaud et instable, faisant naître de nombreux orages multicellulaires. Un de ces orages, particulièrement intense, se déplace depuis Philippeville jusqu'au nord de Lille en donnant de très fortes précipitations - des inondations sont signalées à Binche et à Cour-sur-Heure notamment - et des chutes de grêle significatives, notamment sur la région de Walcourt où les grêlons atteignent 3 cm de diamètre. Cet orage a ainsi eu un comportement supercellulaire pendant ses cinq heures d'existence, des photographies attestant de la présence d'un mésocyclone.

La supercellule évoluant sur l'est du Hainaut en fin d'après-midi du 11 mai (Auteur: Jeroen Vanheers).

Les orages se sont ainsi répétés sur le Hainaut et l'ouest de la province de Namur, mais surtout sur le nord de la France. En début de soirée, l'activité électrique retombe progressivement.

La première image, à gauche, illustre la probable supercellule sur la région de Walcourt vers 16h20. A droite, la zone orageuse a évolué vers un couloir d'orages multicellulaires vers 18h00, mais la supercellule est toujours observable du côté de Mouscron et Tournai (Source: Belgocontrol).

Activité électrique sous un faible orage évoluant sur la Thudinie en début de soirée (Auteur: Info Meteo).

Activité électrique relevée entre 14h00 et 22h00. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).

Voir aussi les actualités de Belgorage à ce sujet: Orages 11 mai 2016

12 mai - Nouveaux orages parfois intenses

La Belgique reste en bordure d'une vieille occlusion sur le nord de la France, avec de l'air continental chaud couvrant la moitié nord du pays. Sur l'occlusion même, quelques orages se produisent, avec l'un ou l'autre débordement sur les régions frontalières belges. En fin d'après-midi, un orage isolé très actif se forme aux Pays-Bas et dérive à travers la Campine jusque la région de Leuven. Enfin, en début de soirée, une petite zone de convergence se met en place sur les Limbourg néerlandais et belges, organisant un axe orageux se déplaçant lentement vers l'ouest-sud-ouest, jusque sur le nord de la Wallonie. L'activité électrique au sein de cet axe est par moments bien présente avec un éclair toutes les 5 à 10 secondes.

Séquence radar montrant l'orage campinois vers 19h30 et l'axe orageux aux alentours de 23h00.

Activité électrique relevée entre midi le 12 et minuit le 13. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).

Double coup de foudre sous l'axe orageux limbourgeois en fin de soirée (Auteur: Info Meteo).

13 mai - Episode orageux de longue durée en Lorraine belge

La situation de ce jour est très particulière. Le flux est établi au nord-nord-est sur la Belgique, tandis qu'une petite ligne de convergence se forme en Lorraine et sur le Grand-Duché de Luxembourg. Elle y entraîne une répétition d'orages pendant parfois plus de 13 heures entre le début d'après-midi et la soirée. Certains orages sont bien actifs, accompagnés d'une activité électrique soutenue et de fortes précipitations. Néanmoins, aucun dégât n'a été signalé. Plus au nord, quelques orages sont observés en Entre-Sambre-et-Meuse, sur le Condroz, la Famenne et l'Ardenne, mais leur ampleur est bien plus faible.

Activité électrique relevée entre midi le 13 et minuit le 14. Les plus vieux impacts sont en bleu et les plus récents en jaune. (source: Lightningmaps)

En fin de nuit du 21 au 22 mai, des orages localement assez intenses traversent nos régions du centre du Hainaut en direction de la Flandre orientale. Quelques inondations locales et un peu de grêle sont observées. 

Fin mai - début juin - longue période orageuse avec inondations. Voir dossier spécial où le compte rendu de chaque jour est détaillé: ICI

Juin

Le 3 juin, toujours et à nouveau des orages localement très pluvieux qui provoquent des inondations locales dans l'après-midi et en soirée du côté de Virton et de Arlon, mais aussi par endroits à Verviers. Un foyer orageux se réactive en milieu de nuit du 3 au 4 sur le centre du Brabant wallon.

L'après-midi du 4 juin et la nuit suivante, des orages sont encore observés sur le Limbourg et la province du Luxembourg dans un premier temps, puis sur le centre de la Belgique. Un système orageux progresse ensuite de la région bruxelloise vers Tournai et Lille en milieu de nuit. Quelques inondations locales sont signalées du côté de Virton.

Activité électrique relevée entre 14h00 le 4 juin et 2h00 le 5. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (Source: Lightningmaps).

Du 5 au 7 juin, une puissante dégradation orageuse prend place sur nos régions et provoque à nouveau des inondations ainsi que des dégâts dus à la grêle. Voir dossier spécial: ICI

La suite du mois de juin est tout sauf estivale. De fréquentes perturbations maritimes concernent nos régions, amenant de la pluie en quantité et de manière très régulière, le tout sous des températures qui peinent à atteindre les normes de saison. Des orages se manifestent à plusieurs reprises, notamment le 17 juin, mais restent généralement contenus, sauf localement où des inondations sont encore observées, notamment dans l'ouest de la Belgique.

Du 22 au 24 juin, plusieurs salves orageuses parfois violentes frappent nos régions, provoquant de nombreux dégâts. Voir dossier spécial: ICI. Le 23 juin est le seul jour du mois où la température atteint ou dépasse les 30°C par endroits.

Les statistiques confirment un mois de juin particulièrement mauvais. Si les températures sont normales et proches de la moyenne, ce n'est pas le cas de l'ensoleillement, anormalement faible, mais surtout de la quantité de pluie tombée, exceptionnelle, qui établit par ailleurs un nouveau record pour le mois de juin. 

Juillet

Après un début hésitant, juillet se cale sur une météo normale pour ce mois en Belgique, tantôt avec de la chaleur et du soleil, tantôt avec de la pluie et plus frais. Le 10 juillet est une journée avec des températures élevées, avec 31,0°C à Angleur, 30,5°C à Kleine-Brogel, 30,2°C à Aubange et 29,7°C à Bierset.

Par contre, deux jours plus tard, c'est complètement l'inverse. Le 12 juillet, de l'air maritime polaire s'engouffre sur nos régions, apportant un temps particulièrement maussade. Quelques orages d'air froid sont observés en fin d'après-midi, notamment sur la Hesbaye.

Faible orage s'avançant sur la Hesbaye en fin d'après-midi du 12 juillet (auteur: Info Meteo).

La journée du 13 juillet, en plus d'être sombre et accompagnée de régulières averses (parfois orageuses), est très fraîche avec des températures maximales parfois sous 15°C. On relève ainsi 17,2°C à Uccle, 15,4°C à Florennes et 14,2°C à Saint-Hubert.

A partir du 17 juillet, le temps s'améliore nettement. Le 19 juillet, les températures maximales dépassent les 30°C en de nombreuses stations:

30,8°C à Uccle
32,3°C à Gand
31,4°C à Chièvres
31,1°C à Gosselies
31,3°C à Bierset
32,0°C à Koksijde

Le 20 juillet est également très chaud. Toutefois, une petite ligne de convergence traverse le pays dans l'après-midi et apporte une air maritime un peu moins chaud, limitant l'envolée des températures. Elle n'atteint que tardivement la Campine où le thermomètre a le temps de scorer à 36,0°C. Ailleurs, on note:

32,8°C à Gand
31,9°C à Uccle
32,2°C à Gosselies
32,4°C à Ernage
33,7°C à Bierset
32,3°C à Buzenol

En soirée, quelques averses parfois orageuses concernent les environs immédiats de la Lorraine belge.

Le parc météorologique de Dourbes grille sous un soleil de plomb ce 20 juillet 2016 (source: IRM).

Le 21 juillet, un orage assez actif se produit sur la province du Luxembourg en début de soirée. Il est suivi le lendemain 22 juillet par une série d'orages sur le massif ardennais en début d'après-midi, accompagnés de grêle. Plus tard, d'autres foyers stationnant dans un premier temps sur le nord-est de la France remontent et se constituent progressivement en MCS sur la Wallonie en soirée. Quelques noyaux sont particulièrement costauds et provoquent des inondations en Lorraine belge mais aussi dans le Borinage. C'est justement en Lorraine, notamment du côté de Virton, où les orages ont pris la tournure la plus violente. Ces orages ont été dictés par un flux d'air très humide et doux (23 à 24°C de température maximale) de nord à nord-ouest en surface, et un flux de sud en altitude.

Activité électrique sur le Condroz (région de Clavier) sous un noyau bien actif du MCS en soirée (auteur: S. Dumoulin).

La séquence suivante montre la progression des orages, heure par heure, de 21h00 à 1h00 le 23. Il est possible que le MCS ait fini par se constituer en MCV, système convectif de mésoéchelle contenant en son centre une dépression marquée par l'enroulement des précipitations côté français.

Formation et évolution du MCS en soirée du 22 juillet et en début de nuit suivante, de 21h00 à 1h00 (source: Météo France).

Les précipitations ont été localement très abondantes avec 50 mm de pluie à Florennes et 60 mm à Saint-Hubert et à Winenne (précipitations relevées entre 8h00 le 22 et 8h00 le 23).

Le 23 juillet dans l'après-midi, de nouveaux orages se développent dans le flux d'air humide de nord et concernent la Hesbaye et le Condroz. Un rail d'orages se constitue entre Diest et Gembloux et entraîne des inondations du côté de Jodoigne et de Orp-Jauche notamment. Il tombe 84 mm de pluie à Ransberg et 46 mm à Marilles.

Août

Les 2 et 3 août sont particulièrement mauvais: il pleut pendant de longues heures sans discontinuer, le tout sous des températures bien en-dessous des 20°C. Il tombe entre 30 et 50 mm de pluie sur certaines régions pendant ces deux jours.

Le 10 août est une journée particulièrement froide en raison d'un flux polaire bien établi sur nos régions. La température maximale n'atteint que 15,1°C à Uccle et 12,2°C à Saint-Hubert. Le lendemain 11 août est une journée exceptionnellement froide pour la saison. A Uccle, il n'a plus fait si froid en deuxième décade d'août depuis 1912: la température maximale s'établit à 14,6°C. On mesure 14,7°C à Gosselies et 14,8°C à Bierset. Ce même jour, il ne fait que 0,5°C au petit matin à Elsenborn. Seul l'ouest de la Belgique, dans de l'air un peu plus doux, échappe à ce temps très froid pour la saison.

Températures maximales relevées dans la journée du 11 août 2016 (source: Infoclimat).

Par la suite, le temps se réchauffe progressivement. Le 18 août, quelques orages modérés sont observés sur le massif ardennais dans l'après-midi.

La fin août est marquée par une canicule exceptionnelle (jusqu'à 35,2°C à Ernage le 27 août). Voir notre article spécial: La vague de chaleur de fin août 2016

En soirée du 27 août, de puissants orages concernent le sud et l'est de la Belgique. L'activité électrique est exubérante. Voir l'article spécial sur ces orages: ICI

Le mois d'août, qui avait commencé avec un important déficit thermique, se termine finalement proche de la normale en raison de la chaleur observée durant la deuxième partie du mois.

Septembre

Le mois de septembre commence très bien avec de belles journées estivales, notamment le 3. Il fait ainsi 25,2°C à Dourbes ce jour. Le lendemain matin, un front froid très actif traverse nos régions et donne quelques orages sur l'est de la Belgique, notamment sur le Brabant wallon, l'ouest et le sud de la province de Liège. Un foyer particulièrement intense sévit sur Maastricht et frôle nos frontières en se dirigeant vers l'est.

La semaine qui suit, le temps se fait à nouveau pleinement estival, avec d'assez belles journées et des températures supérieures aux normes de saison.

Nuages d'altitude au coucher du soleil le 6 septembre sur Seraing (auteur: Info Meteo).

A la mi-septembre, la Belgique connait un coup de chaleur exceptionnel pendant quelques jours, avec des températures excédant largement les 30°C, ce qui est très élevé pour la saison. Voir notre dossier spécial: ICI

A noter que les trente derniers jours ont connu une moyenne de température exceptionnellement élevée, presque aussi importante que celle du milieu de l'été. Par ailleurs, le déficit pluviométrique entamé à la mi-août s'accentue, et certaines régions n'ayant vu que peu de précipitations commencent à connaître une sécheresse significative des terres superficielles.

A la fin du coup de chaleur, au soir du 15 septembre, de forts orages organisés en MCS naissent sur un axe Maastricht - Aachen puis balaient la Campine avant de filer vers le centre des Pays-Bas. L'activité électrique est parfois intense pour un orage de septembre, avec des séquences d'un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. Ces foyers se développent au-devant d'un front froid remontant de France.

Coup de foudre sous le système orageux concernant la Campine le soir du 15 septembre 2016 (auteur: Info Meteo).

Septembre qui s'achève a été très anormalement chaud, avec un excédent thermique de +2,5°C. La quantité de pluie est à l'inverse très anormalement basse, accentuant le déficit pluviométrique et la sécheresse entamés à la mi-août. L'ensoleillement est par contre anormalement élevé.

Octobre

Le 1er octobre nous montre que la saison des orages n'est pas encore finie. Après quelques averses orageuses sur le centre de la Belgique, un front occlus lié à une petite dépression sur la mer du Nord initie une ligne d'orages modérés évoluant même temporairement en LEWP (ligne orageuse en vague) sur le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Bruxelles en début de soirée. Le LEWP est habituellement une structure d'orages violents, ce qui ne fut pas réellement le cas ici compte tenu de la saison. La dynamique aura permis de donner naissance à cette structure, bien davantage que l'instabilité qui était plutôt médiocre à cette heure.

Le LEWP entre Bruxelles et le département des Ardennes à 19h45 le 1er octobre (source: Meteo Services).

Eclair internuageux au-dessus de Fontaine-l'Evêque au passage de l'orage du 1er octobre (auteur: Info Meteo).

Le 16 octobre est une très belle et douce journée d'automne. En soirée, un front froid arrivant de l'ouest initie une série d'orages sur le nord de la France et l'ouest de la Belgique. Par endroits, les précipitations sont importantes.

A la fin du mois, les températures remontent et dépassent les 15°C par endroits l'après-midi. Pourtant, octobre 2016 est au final un mois anormalement froid par rapport à la moyenne normale.

Novembre

A l'instar des deux dernières années, la Toussaint connait un coup de douceur et un temps splendide, cependant moins prononcés qu'en 2014 et 2015. 

Le village de Herbeumont, en Ardenne, à la Toussaint 2016 (auteur: Info Meteo).

Une semaine plus tard, c'est l'inverse. Les hauteurs (>500 mètres) connaissent leur premier épisode hivernal le 9 novembre, avec une accumulation de plusieurs centimètres. 

A partir de la mi-novembre, les bas géopotentiels descendent des hautes latitudes en direction de l'Europe occidentale, amenant de l'air maritime humide et doux sur la Belgique. Le 18 novembre, une ligne de grains se développe sur les Hauts de France à la faveur d'une traîne très active, devient orageuse et concerne la moitié nord-ouest du Hainaut en fin d'après-midi. Une autre ligne de grains la devance et est responsable de fortes rafales (81 km/h à Gosselies). Elle devient à son tour orageuse au nord de Liège et sur l'Entre-Vesdre-et-Meuse.

Eclairs détectés le 18 novembre 2016 (source: Lightningmaps).

La nuit du 19 au 20 novembre, la tempête Nannette/Angus (nom allemand/nom anglais) s'engouffre dans la Manche après s'est creusée sur le Proche Atlantique. Les rafales atteignent 140 à 170 km/h sur les côtes bretonnes et normandes. Le 20 novembre, la tempête concerne la Belgique, le nord de la France et les Pays-Bas. On relève 115 km/h à Zeebruges, 105 km/h à Stabroek, 97 km/h à Chièvres, 94 km/h à Zaventem et 90 km/h à Gosselies. Sur les côtes du Pas-de-Calais, les rafales sont très violentes, avec 155 km/h à Boulogne et 163 km/h au Cap Gris-Nez.

La tempête Nannette/Angus le 20 novembre à 10h00 au-dessus de la mer du Nord (source: Eumetsat).

La fin novembre est hivernale, avec les premières gelées modérées. Le 30 novembre au matin, il fait -10,8°C à Elsenborn.

Décembre

En décembre, la météo est de saison, avec de fréquentes gelées. La Noël connait par contre un coup de douceur, avec des températures maximales de plus de 10°C.

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